L’Association canadienne des personnes qui utilisent des drogues publie un feuillet d’information sur l’approvisionnement sûr pour aider à éviter les surdoses

L’Association canadienne des personnes qui utilisent des drogues (ACPUD) vient de
publier un feuillet d’information sur l’urgente nécessité d’un « approvisionnement sûr »
en opioïdes et en stimulants, à l’échelle nationale, et d’une réponse systémique des
trois paliers de gouvernement à l’épidémie de surdoses en cours au Canada.
 Dans la majorité des cas, une personne ne décède pas parce qu’elle a consommé sa
drogue de choix venant d’une source pharmaceutique fiable et sûre. Elle meurt parce
qu’elle a eu recours à l’autre avenue : l’accès à une drogue contaminée, du marché
illicite », explique Shanell Twan, membre du conseil d’administration de l’ACPUD et
résidente d’Edmonton (Alberta).
« L’approvisionnement en drogues est contaminé, au Canada, et nous perdons chaque
jour dix personnes pour une cause de décès qui peut être évitée », déplore le directeur
général de l’ACPUD, Jordan Westfall. « C’est une épidémie de nature systémique et qui
nécessite une réponse systémique : à toute personne à risque de surdose, fournir des
drogues sûres et réglementées afin de court-circuiter le marché des drogues toxiques. »
Dans le feuillet d’information, on distingue entre l’approvisionnement sûr et les
traitements de substitution aux opioïdes comme la méthadone, le suboxone et la
morphine orale à libération prolongée. « Les gouvernements réglementent l’alcool pour
assurer un produit sûr et il faut appliquer cette même logique pour contrer l’épidémie de
surdoses », ajoute Westfall. « Personne n’a peur d’être tué sur le coup par sa prochaine
gorgée de bière. Tous et toutes, nous méritons ce niveau élémentaire de sécurité. »
« Dans notre vaste pays, on ne trouve que six points d’accès à des opioïdes de qualité
médicale. Lorsqu’on sera réellement déterminé à mettre fin à cette épidémie de
surdoses, au Canada, le nombre de points d’accès sera proportionnel au nombre de
décès. Aucun décès n’est justifié, puisque nous avons déjà le remède. Mais la
stigmatisation et la peur nous privent de l’occasion de sauver des vies », explique la
trésorière de l’ACPUD, Natasha Touesnard, d’Halifax (Nouvelle-Écosse).
« La prohibition de ce qu’on appelle aujourd’hui les drogues illégales et illicites date
maintenant d’un siècle. Depuis, il y a plus de violence et de décès insensés que jamais
auparavant, au nom de cette soi-disant guerre aux drogues », signale le Vancouvérois
David Mendes, coordonnateur des programmes nationaux de l’ACPUD. « C’est une
guerre enracinée dans le racisme, la peur, l’intolérance et l’appât du gain. Et si nous
pouvons éduquer le pays quant aux faits, il est à espérer que la population canadienne
fera preuve d’ouverture d’esprit et s’exprimera pour appuyer des programmes capables
de réellement aider les personnes qui risquent de perdre la vie. »

« Pendant que j’étais hospitalisée pour des problèmes liés au VIH, je m’esquivais sans
cesse pour me procurer des drogues, puisque les médecins ne voulaient rien me
prescrire. Ma voisine de chambre m’a demandé pourquoi je sortais; lorsque je lui ai
expliqué, elle s’est mise à me donner des comprimés d’hydromorphone (Dilaudid)
qu’elle avait. Oui, j’étais gelée, mais pour la première fois en dix ans je n’ai pas fui
l’hôpital et j’ai fini par être en contact avec une infirmière de rue. Cette fille m’a sauvé la
vie. Lorsqu’une personne qui consomme des drogues va à l’hôpital, c’est parce qu’elle
est malade, et pas pour se faire désintoxiquer », raconte Alexandra de Kiewit, membre
du conseil d’administration de l’ACPUD vivant à Montréal (Québec).
 
Contacts pour les journalistes :
Natasha Tousenard, Halifax, Nouvelle-Écosse : 902-223-9151
Shanell Twan, Edmonton, Alberta : 587-982-2430
David Mendes, Vancouver, C.-B. : 778-991-8490
Alexandra de Kiewit, Montréal, Québec : 514-476-9488
Jordan Westfall, Vancouver, C.-B. : 778-227-9914